Quatre morts et un blessé grave hier à l'aube en Haute-Garonne.
La Peugeot des cinq jeunes gens s'est retournée sur le toit après avoir emporté une cabine de péage inoccupée.Des draps blancs recouvrent quatre corps derrière une voiture écrasée... Terrible et effroyable vision hier matin dans le froid et le brouillard au péage de Muret, sur l'autoroute A64, au sud de Toulouse. Quatre morts âgés de 17 à 23 ans, et un blessé grave âgé de18 ans qui a été évacué vers l'hôpital Rangueil. C'est le lourd bilan d'un nouveau drame de la route qui s'est sans doute joué à grande vitesse hier vers 5 h 25. Le conducteur et ses quatre copains, tous originaires du même coin de la Haute-Garonne, rentraient d'une longue nuit de festivités dans une discothèque de Toulouse.
aucune trace de freinage
Que s'est-il passé au petit matin, alors que la voiture roulait vers Muret. Euphorie, fatigue, alcool ? Peut-être un peu des trois. L'enquête des gendarmes le dira peut-être. Dans la longue ligne droite qui précède le péage, le conducteur âgé de 20 ans roulait vite. Et malgré les panneaux d'avertissements, l'éclairage de l'équipement d'ASF et une visibilité qualifiée « de tout à fait correcte » par les gendarmes (le brouillard a épaissi au lever du jour), la voiture a percuté un îlot en béton qui sépare les différentes entrées du péage. Lors de ce choc extrêmement violent, qui n'a été précédé d'aucun freinage, l'aile avant droite s'est « encastrée » contre l'îlot, restant coincée sur place... La voiture a alors décollé et elle est allée détruire la cabine du péage, heureusement vide, environ 7 mètres plus loin. Puis le véhicule a poursuivi son terrible vol plané avant de finalement atterrir encore 10 mètres après le péage, sur le toit... Entre le choc initial et son immobilisation, la voiture a parcouru environ 35 mètres !
« Le choc a été incroyable », a confié horrifié un employé du péage aux pompiers de Muret, les premiers arrivés sur place. Malgré le déclenchement de l'ensemble des airbags du véhicule, les secours n'ont pu que constater le décès du conducteur et de trois de ses passagers. Le cinquième, un homme âgé de 18 ans a été désincarcéré par les pompiers et médicalisé sur place par une équipe d'urgentistes du SAMU 31.
Conscient à l'arrivée des secours, il a été hospitalisé en urgence. Il souffre notamment de plusieurs fractures; le pronostic vital est « engagé ». Les médecins préfèrent attendre quelques jours avant de se prononcer.
« Les causes exactes du drame font l'objet d'une enquête. La vitesse a sûrement aggravé les conséquences du choc initial. Des analyses toxicologiques sont également en cours », confie le lieutenant-colonel Bruno Vigogne, commandant en second du groupement de gendarmerie de la Haute-Garonne.
Les gendarmes ne cachent pas qu'ils craignent que les excès d'une nuit de fête constituent la véritable explication de ce terrible drame.
Les cinq copains rentraient d'une virée à Toulouse
Les échos du drame qui s'est joué en quelques minutes hier matin sur l'autoroute A 64 se sont lentement propagés dans le département hier. Et à Saint-Lys, la mort de Nicolas Bagneris, 23 ans et les graves blessures de son frère, Rémy 18 ans, ont provoqué une très vive émotion. Les deux frères ont grandi dans cette petite commune du Muretain où ils ont notamment fréquenté le club de basket. « Rémy a aussi joué au rugby pendant deux ou trois saisons. Après il a arrêté pour ses études », se souvient un dirigeant. Ce garçon « jovial », pâtissier de métier, travaille à Muret. Passager arrière de la voiture, il semble qu'il s'était assoupi lors de la collision. Un relâchement qui l'a peut-être sauvé hier matin...
Son frère aîné, Nicolas 23 ans, n'a pas eu cette chance. Militaire de carrière, il appartient au 126e régiment d'infanterie de Brive, en Corrèze. Il était en permission pour quelques jours auprès de sa mère. Cette femme est très impliquée dans la vie associative de Saint-Lys où, depuis plus de dix ans, elle donne du temps aux associations. Actuellement, elle occupe la vice-présidence du Saint-Lys Olympique omnisports après avoir longtemps participé à la vie du club de basket avec le père de ses fils.
Vendredi soir, Nicolas et Rémy Bagneris ont suivi Nicolas Ginestet, 20 ans. Propriétaire de la Peugeot 307, cet habitant de Montastruc-Saves, petite commune aux limites de la Haute-Garonne et du Gers travaille dans les travaux publics. Sa famille s'est installée voilà trois ans dans cette petite commune. « Un gars simple, sans histoire », estime un habitant.
Vendredi soir, pour «monter» rigoler à Toulouse, il a aussi fait profiter de sa voiture ses copains. Loïc Cuvellier, domicilié à Plaisance-du-Touch, devait fêter ses 18 ans dans un mois ; son cousin Thibault Cuvellier aurait lui célébré ses 19 ans courant décembre. Thibault travaillait également dans les travaux publics.
Quatre vies fauchées et des familles brisées pour un retour mal négocié après une nuit de fête. Tragique destin.
